Hors micro: le télétravail

Un petit billet rapide pour démarrer cette nouvelle année (la troisième pour ce blog qui a essentiellement vocation à parler technique, vous l’aurez remarqué) avec un sujet qui me tient à cœur: le télétravail dans les NTIC en France.

Pourquoi le télétravail, qui aide à moderniser l’organisation sans toutefois trop la bousculer, est-il tellement à la traîne en France ? Les entreprises du monde des NTIC semblent toujours plus favorables à ce mode de collaboration – c’est en tous les cas ce qui ressort de chacun des sondages d’opinion faits sur le sujet tous les ans – mais dans les faits elles restent réticentes pour appliquer le changement…Qu’est-ce qui ne va pas avec le télétravail en France ? Est-il encore mal perçu en 2016 ? N’est-il pas si soluble que ça dans la culture de l’entreprise française ?

Take the turn !

Take the turn !

J’ai eu la chance de tester ce mode de collaboration il y a presque 10 ans, à la suite de la naissance de mon deuxième enfant. Mon manager de l’époque, très compréhensif, m’avait accordé de travailler 2 jours par semaine à domicile et ce alors que je résidais à 10 km de mon lieu de travail (comme quoi ce n’est pas une histoire de distance – length does NOT matter). Ce mode de fonctionnement a duré trois ans, jusqu’à mon départ de l’entreprise. Certes, il a fallu prouver ma fiabilité et mon sérieux dans le travail avant de me voir accorder ce que je considère encore à ce jour comme un énorme avantage dans la gestion personnelle du travail.

Car oui, de mon point de vue, le télétravail est beaucoup moins stressant et beaucoup plus productif que dans les locaux de l’entreprise:

  • vous n’êtes pas dérangés par le téléphone qui sonne toutes les 30 secondes ou les gens qui hurlent sans cesse à côté de vous (je m’adresse aux gens qui travaillent en open space)
  • vous n’êtes pas sollicités par vos collègues pour partir en pause chaque heure (celui de la compta, puis celui de l’info, puis celui des achats etc.)
  • vous n’êtes pas conviés à des réunions interminables où vous n’aviez pas votre place (la preuve, vous avez rempli une page de votre cahier de dessins aléatoires, ce cahier que vous emportez à chaque fois alors que vous n’y notez rien…et vous le savez pertinemment !)
  • Pour résumer : plus de concentration et de calme = plus de travail de qualité !
Pas du tout ma vision du travail

Pas du tout ma vision du travail

Les aspects pratiques pèsent aussi dans la balance:

  • Fini le temps perdu dans les embouteillages, une douche et c’est parti, vous êtes devant votre poste de combat à 8 h 30 au lieu des 9 heures et quelques (vous êtes de toutes les manières incapables de savoir quand vous arriverez, étant à la merci de la circulation, des grèves, des travaux parfois des caprices de votre véhicule).
  • Il ne vous faut rien ou presque pour bosser : un ordinateur et une connexion SSH.
  • La communication se fait par d’autres canaux, qui forcent parfois les gens à réfléchir avant de vous déranger pour rien; le mail force les gens à savoir formuler leur besoin de manière compréhensible, claire et précise. De plus n’importe qui possédant une ligne téléphonique peut suivre un conf call depuis chez lui.
  • Certes, tout n’est pas rose :

    Il faut savoir avant tout gérer le fait d’être seul, mentalement et techniquement (ça force à être autonome). Il faut aimer être à distance et il faut pouvoir se dépatouiller en toute occasion. J’ai vu des gens s’isoler complètement dans leur coin, au point de décrocher totalement et de ne plus assurer leurs tâches (ce qui a, hélas!, entrainé leur éviction), mais pour un échec cuisant, combien de salariés ou de collaborateurs y trouvent leur compte et une certaine forme d’épanouissement ? Le télétravail influe sur le moral et sur la qualité de l’ouvrage, à condition bien sûr de se sentir bien chez soi. Si l’environnement est bruyant et pas propice à la sérénité, c’est évidemment très dur, mais un collaborateur à qui vous accordez cette confiance prendra ça comme une preuve de confiance voire un avantage en nature !

    Car oui, la confiance reste encore la principale entrave au développement de ce mode de collaboration dans notre bon vieux pays. On reste dans un schéma sclérosé où la place du collaborateur est sous les yeux du manager et nulle part ailleurs. On part du principe que le collaborateur pourrait être distrait chez lui alors que ça ne dérange personne que certains passent leur temps de travail sur les réseaux sociaux ou sur leur téléphone portable quand les accès au Web sont filtrés.
    « Du moment qu’ils sont au bureau et font leurs horaires… ». Qu’est-ce qui est important ? Faire ses horaires ou accomplir ses tâches ? La rigidité ou la flexibilité ? Le sentiment qu’on nous fait confiance ou qu’on est pris pour un garnement qu’il faut constamment surveiller ? On passe 45 ans de sa vie à travailler, autant aimer son travail et s’y impliquer, non ?

    Cela fait trois ans maintenant que je suis indépendant, travaillant uniquement depuis chez moi, à l’exception évidemment des formations, que je tiens à assurer en présentiel. Je ne donnerais ma place pour rien au monde : j’aime encore mon métier après 18 ans passés à l’exercer et j’aime le fait de rester dans mon environnement pour travailler : je ne touche plus ma voiture que quelques fois par semaine pour des trajets courts et croyez-moi, je ne m’en porte que mieux. J’entends encore des gens me dire « Je ne sais pas comment tu fais, je ne pourrais pas travailler seul » ou « Je serais trop tenté de faire autre chose que travailler ». Je ne tente pas de les convaincre qu’il s’agit de la panacée – on s’en sent capable ou pas – mais travailler depuis chez moi est un choix personnel que j’estime payant et j’encourage vivement entreprises des NTIC et collaborateurs désireux de briser la routine ou hésitants à tenter l’expérience.

    Sus à la frilosité ! Le télétravail, c’est génial !

    Si vous avez des retours d’expérience (identiques ou différents !), n’hésitez pas à les évoquer dans les commentaires

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